Le Corps Franc Pommiès
49e Régiment d'Infanterie

Le Corps franc Pommiès (CFP) fut une puissante unité militaire qui, au nom de la liberté, des Pyrénées à Stuttgart, mena sans trêve une lutte implacable contre l’Allemagne, de 1942 à 1945.

Son créateur, le capitaine Pommiès, avait participé, dès le 15 novembre 1940, à la résistance organisée au sein de l’Armée. Lorsque celle-ci fut neutralisée par l’entrée de la Wehrmacht en Zone Sud, il décide de reprendre le glaive abandonné. C’est ainsi que, dans la clandestinité, naquit à Toulouse le CFP, le 17 novembre 1942. Il devait s’implanter progressivement dans les dix départements du Sud-Ouest de la France, grâce à une équipe d’officiers et de sous-officiers à laquelle des patriotes venus de toutes les couches sociales de la Nation apportèrent massivement leur adhésion.

En 1943, ses moyens radio propres lui permettent d’entrer en liaison avec les Commandements français de Londres et d’Alger. Jusqu’à la Libération, il exécutera strictement leurs ordres :

Le 4 septembre 1944, il part des Pyrénées, traverse le massif Central, et livre de furieux combats dans la région d’Autun, du 7 au 10 septembre. Coopérant avec un groupement franc-garde de la 1ère armée française venant de Provence, il coupe la ligne de retraite vers l’est des troupes allemandes attardées dans le Sud-Ouest et le Centre de la France : 3 500 prisonniers tombent entre leurs mains, 18 000 renoncent à forcer le passage et se rendent aux Américains accourus sur les bords de la Loire.

Continuant sa course, le CFP passe aux ordres du général de Lattre de Tassigny, qui lui confie un créneau dans les Vosges. Il s’y bat du 24 septembre 1944 au 5 février 1945, se distinguant notamment dans la nuit du 29 au 30 novembre, en rompant le dispositif ennemi à 1 200 m d’altitude, dans les chaumes du Drumont au nord de Bussang.

Lorsqu’il atteint enfin le Rhin, son chef lui adresse l’ordre du jour suivant :
"Camarades de combat,
"Nous avons refusé la défaite et ses conséquences,
"Nous avons cru dans la France,
"Nous avons lutté, risqué, souffert pour sa liberté,
"Parce que nous l’avons voulu, nous avons combattu sans trêve, des Pyrénées à l’Alsace ;
"Parce que nous l’avons voulu, nous sommes aujourd’hui au Rhin.
"La cause était juste : dans le clandestin, dans le maquis, dans l’armée, nous l’avons fait triompher,
"Souvenons-nous avec fierté de notre œuvre de soldats.

P.C. Linthal (Haut-Rhin)
5 février 1945
Signé : Pommiès

La bataille des Vosges terminée, le CFP devient le 49e régiment d’infanterie par simple changement de dénomination. Il prend part, alors, aux Campagnes de Basse-Alsace, de Bade et de Wurtemberg, au cours desquelles il rivalise de bravoure avec les vieilles unités de l’armée d’Afrique.

Le 22 avril 1945, il entre dans Stuttgart où, le 8 mai, il apprendra la signature d’un armistice donnant raison à ceux de ses officiers qui, en juin 1940, considéraient que seule la première manche de la guerre était perdue, qu’il fallait en préparer une autre et la gagner.

Sous diverses formes, le Commandement français a manifesté sa satisfaction au CFP-49e RI. Entre autres :

Mais le tribut payé pour atteindre à cette gloire fut très lourd : plus de 3 000 blessés, 156 déportés, 573 morts et disparus dont 387 dans la Résistance.

C’est à ce prix sanglant que le Corps franc Pommiès connut la victoire de la Liberté.

Colonel Guy Dugros
Président du Corps Franc Pommiès


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