La Médialle de la Résistance Française

La médaille de la Résistance française a été instituée à Londres par une ordonnance, en date du 9 février 1943, du Général de Gaulle, "chef de la France combattante", en vue de "reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l'Empire et à l'étranger, auront contribué à la Résistance du peuple français contre l'ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940". C'est, après la Croix de la Libération, la seule décoration créée par le Général de Gaulle pendant la guerre, au moment où nombre de Français, dans nos forces armées ou dans la Résistance intérieure, rejoignirent ceux qui étaient en France les premiers dans le combat libérateur de notre territoire.

De bronze, la médaille de la Résistance française port à son avers la Croix de Lorraine et la date du 18 juin 1940. Elle porte, à son revers, l'inscription "Patria non immemor", "la Patrie n'oublie pas". Elle est supportée par un ruban rayé verticalement de noir et de rouge, rappel du deuil de la Patrie et du sang versé pour la délivrer.

Rattachée organiquement à l'Ordre de la Libération, la médaille de la Résistance française est administrée par la Commission nationale de la médaille de la Résistance, dont le président est le chancelier de l'Ordre de la Libération, et dont les membres sont nommés par le Président de la République. Elle a été décernée par décret du général de Gaulle, et ultérieurement par ceux qui lui ont succédé à la tête de l'État. Elle a été attribuée à environ 28 000 personnes vivantes, et, à titre posthume, à quelques milliers de morts pour la France pendant les hostilités. Dix-sept communes, le territoire de la Nouvelle-Calédonie, dix-neuf unités militaires des trois armées et quinze autres collectivités (dont un couvent, un lycée, un hôpital, un groupe scout) sont également titulaires. Elle n'a plus été conférée depuis le 31 mars 1947.

L'Association nationale des médaillés de la Résistance française, créée le 3 mai 1947 à l'initiative de Claude Hettier de Boislambert, chancelier de l'Ordre de la Libération, et d'autres chefs éminents de la Résistance, est le seul organisme ouvert aux titulaires de la médaille. Elle regroupe 1 200 des 4 000 décorés encore vivants. Elle est organisée en sections départementales ou interdépartementales, et recouvre ainsi l'ensemble du territoire national.

L'Association a pour président d'honneur le général d'armée Alain de Boissieu, grand-croix de la Légion d'honneur, actuel Chancelier de l'Ordre de la Libération.

Les dix-huit collectivités territoriales médaillées de la Résistance (des villes de Lyon, Caen et Brest aux petites communes de la Chapelle-en-Vercors ou de l'île de Sein et le Territoire de la Nouvelle-Calédonie) ont, toutes, adhéré à l'Association, le 12 juin 1986, au cours d'une cérémonie solennelle présidée par le général d'Armée Jean Simon, alors Chancelier de l'Ordre de la Libération. Elles forment au sein de l'Association un Comité national désigné pour être, le moment venu, le successeur des personnes physiques titulaires de la décoration.

La médaille de la Résistance française est un symbole. Elle n'est pas le seul de la lutte qu'à l'appel et sous l'autorité du général de Gaulle le peuple de France a menée, au prix d'immenses sacrifices, sur tous les champs de bataille affrontés par les soldats de la France libre, mais aussi dans l' "armée de l'ombre". Ses titulaires se regardent comme les dépositaires privilégiés des valeurs pour lesquelles tant de nos compatriotes sont tombés les armes à la main, dans les geôles de la gestapo, sous les balles d'un peloton d'exécution ou dans les camps de la mort.

Tous se sont sacrifiés pour le même idéal qui motivait leur engagement, l'amour de la Patrie, la défense de l'indépendance nationale et des libertés, l'affirmation des droits et des devoirs de l'Homme.

Telles sont les valeurs que symbolise la médaille de la Résistance et pour lesquelles les titulaires de cette décoration se sentent investis du devoir d'en témoigner et de la transmettre aux générations qui les suivront. Ils ont la fierté d'avoir répondu à cette phrase du général de Gaulle : "Regardez ! Au delà des peines et des brumes du présent, un magnifique avenir s'ouvre, une fois de plus, devant la France. C'est à nous, ses enfants, qu'il appartient de le lui conquérir".

Jean-Jacques de Bresson
Conseiller d'État (H)
Ancien collaborateur du général de Gaulle

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Transcription du texte original figurant au dos de la proposition

"Exposé circonstancié et détaillé des faits
ayant entraîné la proposition"

Régiment aux traditions patriotiques les plus anciennes et les plus pures qui, dès le début de 1942 avait commencé l'organisation de la résistance, donnant asile dans ses rangs à un grand nombre d'Alsaciens-Lorrains et de résistants du Nord recherchés par la gestapo

Dès la dissolution de l'Armée en novembre 1942, malgré les ordres formels de Vichy et en dépit du contrôle étroit de la wehrmacht, a réussi à camoufler une très large partie de son armement et de son équipement régulier (15 mitrailleuses, 32 fusils mitrailleurs, plus de 300 armes individuelles, 1800 collections d'habillement, tout ses instruments de musique, d'optique et une partie des transmissions)

Grâce aux cadres maintenus sur place dans une organisation clandestine animée du plus ardent patriotisme, a réussi :

Réorganisé à l'effectif de 1800 hommes dès l'appel du général de Gaulle en juin 1944, regroupé dans le maquis du Cher autour de son drapeau conservé pieusement à l'abri des atteintes de l'ennemi, a conduit pendant trois mois, de juillet à septembre 1944, une suite ininterrompue d'opérations brillantes dont la dernière devait aboutir à la capitulation de la colonne Elster, forte de 18 000 hommes puissamment armés.

Est ainsi digne de sa vieille devise : "On ne relève pas Picardie".


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