LES MOUVEMENTS DE RESISTANCE /
Le Journal Défense de la France

En octobre 1940, Philippe Viannay, Robert Salmon et Hélène Mordkovitch, trois étudiants à la Sorbonne âgés de 23 ans, décident, sous l'impulsion de Philippe, de créer un journal clandestin : c'est l'arme choisie pour lutter contre l'envahisseur. Ils seront rejoints pendant l'occupation par de plus en plus de camarades.

Le journal débute en 41 par un tirage de 5 000 exemplaires, puis 50 000 et 80 000 en 1942 grâce à l'apport d'un groupe d'étudiants et de lycéens, "les Volontaires de la Liberté", ce qui permettra au journal de passer à 150 000 puis 300 000 exemplaires en 1943.

En même temps un service très performant de faux papiers est organisé, nécessaire aux clandestins, aux évadés et surtout à de nombreux juifs pour survivre.

Les premiers articles du journal, écrits par Philippe Viannay et Robert Salmon, sont signés sous les pseudos de Indomitus (pour Philippe) et de Robert Tenaille (pour Salmon).

Philippe écrit surtout des textes incitant les lecteurs à reprendre courage, à redresser la tête. Robert, lui, écrit des articles plus politiques car, mieux que Philippe, il a compris le danger que représentait l'admiration vouée à Pétain par toute une frange de la population.

Plus tard, d'autres rédacteurs écriront dans le journal, comme William Lapierre et Geneviève de Gaulle.

Malheureusement, un traître s'est introduit dans le service de la diffusion et, le 20 juillet 1943, de très nombreuses arrestations déciment le mouvement.

Cependant les activités vont reprendre et le journal augmentera encore sa diffusion.

Un numéro exceptionnel avec photos des camps de concentration parait en août 43, qui montre pour la première fois ce qu'est l'enfer des camps. Ceux qui voient ces documents ne peuvent croire que leurs camarades arrêtés vont subir le même sort ; on veut croire que seuls les prisonniers Russes sont ainsi traités par les nazis. Mais le retour de leurs amis décharnés à la fin de la guerre est un choc inoubliable...

Le journal continue sa progression et en avril 1944 il paraît à 450 000 exemplaires, le plus fort tirage de toute la presse clandestine.

Paris, le 31 octobre 2004.

Hélène Viannay
Présidente de l'association Défense de la France


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