LA RESISTANCE SPIRITUELLE ET INTELLECTUELLLE
Les Philosophes Combattants

Gaston BACHELARD

Philosophe, épistémologue, critique littéraire, il est né à Bar-sur-Aube le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962.

D’origine modeste, il est resté attaché à la vie provinciale, gardant toujours son accent champenois. Il combattra durant la guerre de 14 au 12e dragon. Il devient professeur de philosophie à la faculté des lettres de Dijon, puis professeur à la Sorbonne jusqu’en 1954.

Résistant, il sera commandeur de la Légion d’honneur. En1955 il devient membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

Deux aspects dans son œuvre, l’un scientifique, l’autre poétique.

En 1940, il écrit La philosophie du non, qui pèse les doctrines philosophiques au trébuchet du nouvel esprit scientifique marqué par la théorie de la relativité d’Einstein.

En 1943, L'air et le songe, essai sur l’imagination du mouvement.

En 1972, Pour une critique de l’épistémologie, texte commun de Bachelard, Canguilhem, Foucault.

Jean CAVAILLÈS (1903 - 1944)

Penseur et philosophe, il naît d’une famille où la foi protestante était marquante.

Normalien et professeur, la guerre 39/45 le retrouve lieutenant d’un corps franc en Lorraine, puis détaché au service du chiffre, puis auprès de l’état-major d’une division coloniale. Il fait le coup de feu en solitaire. Fait prisonnier, il s’évade et rejoint la faculté des lettres de Strasbourg, repliée à Clermont Ferrand.

Il sera là l’un des fondateurs du mouvement Libération, puis du réseau Cohors. Sa nomination comme professeur suppléant à la Sorbonne lui permet de donner, outre son enseignement, une extension à ses activités de renseignements et de sabotage. Cavaillès fut un philosophe, un officier et un combattant de l’armée des ombres.

Après une tentative d’embarquement vers l’Angleterre, il est arrêté et incarcéré par les autorités de la zone dite libre, à Montpellier, puis, après un non lieu, dans le cadre d’un internement administratif, dans un camp près de Limoges. Il s’en évade et connaît la clandestinité. Il effectue un séjour à Londres où il rencontre le général de Gaulle et revient en France.

Arrêté en août 1943, il est condamné à mort et fusillé en janvier 1944 dans les fossés de la citadelle d’Arras.

Il a été Compagnon de la Libération. Georges Canguilhem a donné plusieurs conférences en hommage à sa mémoire.

Parmi ses travaux, citons Recherche sur la formation de la théorie abstraite des ensembles, Axiomatique et formalisme, Philosophie mathématique.

Georges CANGUILHEM

Il est né en 1904. Élève d’Alain, professeur de lycée, il soutient sa thèse de doctorat en médecine sur Le normal et le pathologique (1943).

Il démissionne de l’enseignement, refusant de servir le régime de Vichy.

En 1941, il est chargé de cours à la faculté des lettres de Strasbourg, repliée à Clermont Ferrand, comme suppléant de Jean Cavaillès.

Il combattra dans les maquis d’Auvergne. Commissaire politique pour le Puy de Dôme, il sera au Service de Santé de l’état-major où se trouvaient Charles Bérénholc et Jean Simon.

En 1955 il est professeur à la Sorbonne et directeur de l’Institut d’histoire des sciences, succédant à Gaston Bachelard.

Il publiera maints ouvrages mondialement connus dont Études d’histoire et de philosophie des sciences.


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