Charles BerenholcEditorial :
Le Syndrome des Platanes


Chères et chers Camarades,

Bientôt un nouveau millénaire. Cette année doit donc concrétiser 2000 ans, et beaucoup plus, d'efforts et d'évolution au bénéfice de l'homme. Dire combien, avec la fragilité qui caractérise l'homo sapiens, celui-ci a réussi à évoluer dans les sciences, les techniques, la connaissance de l'univers, les moyens d'échanges et de transports, est une évidence.

Il est aussi une autre évolution concernant la spiritualité, la morale, le respect des hommes, le respect de la vie, la liberté, la solidarité, tout ce qui caractérise le génie français "éclairant le monde" de la pensée, des arts, de la philosophie, qui nous laisse soudain interrogatifs.

Et si la médiatisation abêtissante, voire faussée, relayée aussi par l'informatique et internet, transformait petit à petit nos pensées; nos façons d'agir, notre attitude envers la vie et les autres par une culture primaire et perverse. Ne représente-t-on pas aujourd'hui l'homme tout nu physiquement et psychologiquement ?

Le culte de la violence sous sa forme la plus lâche, de l'amour sous sa forme la plus bestiale, l'assujettissement et l'inquisition établis même par l'administration et la partialité inhumaine de nombre d'économistes, en arrivent à supprimer les valeurs authentiques.

Dévouement, service et bénévolat, qualité de l'effort et du travail, amour du prochain, sens de la liberté, tout simplement engagement de celles et ceux qui ont combattu pour que survivent ces qualités, et que l'héritage du passé se transmette encore, tout cela est dénigré, moqué.

Le prix d'un but dans un club professionnel de football, compte tenu de la qualité pédestre des joueurs, de leurs mensualités et primes, et des dotations municipales, traduit la position d'une société sans repères, face par exemple au coût ridicule des prestations de chercheurs de renom. Le spectacle éphémère est plus important que leurs travaux, pourtant éminemment utiles à la vie des hommes.

Nos "philosophes" actuels voient la cause de tous nos péchés dans la société. C'est elle qui est la cause de tous nos maux, et la pauvre humain robotisé devient un objet sans responsabilité ni dignité, un numéro matricule.

À qui la faute ? À ceux qui prétendent gérer la vie d'autrui, souvent sans la connaître, penser pour les autres, leur imposer une culture à connotation financière et flattant les pulsions les plus primitives de chacun. Il s'érige ainsi une sorte de dictature où l'anarchie démagogique divise la société pour mieux se l'approprier.

C'est ce que nous pouvons qualifier de syndrome des platanes.
- Ainsi chacun doit savoir que les accidents de la route sont dus aux platanes et non aux conducteurs.
- La catastrophe du tunnel du Mont Blanc est due au tunnel, et non pas au camion enflammé et au camionneur insuffisamment attentif.
- Le jeune qui dérobe un pistolet dans le sac d'un policier entraîneur bénévole d'une équipe de football, et qui tue un autre jeune, est libre. Le policier répréhensible fut mis en examen.
- Le tabac. Ce n'est pas la faute de l'utilisateur qui ne peut qu'être irresponsable, mais du fabricant.
- Les maladies. Chacun sait maintenant que c'est la faute de l'état.
- Un orage de grêle cause des dégâts viticoles dans les Pyrénées. C'est bien sûr la faute de Météo France traînée en justice.
- Les conflits actuels. Chacun sait qu'aucun problème d'hégémonie et d'économie n'est en cause. Seule est en cause la société qui a laissé survivre des gens qui ont eu le malheur de vouloir vivre à leur convenance, qui n'est pas celle de leur environnement.

Cela ne signifie pas, bien évidemment, qu'il faille négliger d'améliorer constamment le social et la sécurité.

Et veuillez pardonner à un naïf d'avoir écrit ce texte.

Charles Berenholc
Vice-président délégué


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