Hommage au Colonel Max Menut

Max MenutLe colonel Max Menut, allas "commandant Bénévol" dans la Résistance, vient de s'éteindre à l'âge dé 80 ans. Figure de proue de la Résistance auvergnate, il est né à Combronde, le 27 décembre 1918. Il avait été incorporé dans l'armée dès 1939, dans le Service de santé. Il n'a alors pas tardé à demander son affectation dans une unité combattante. Fait prisonnier en juin 1940, à Ouzouer-sur-Loire, il s'est évadé au début du mois d'octobre pour entrer dans la Résistance en novembre 1942. Il a été un des responsables du mouvement Combat. Il avait, début 1943, rejoint le 1er Corps franc d'Auvergne, avec le colonel Gaspard (Emile Coulandon). Affecté à l'état-major de la région R6 des Forces françaises de l'intérieur, il a pris part à de nombreux combats, notamment ceux du Mont Mouchet, où il était responsable du service de santé, et de la Truyère.

C'est au cours de cette dernière bataille que son beau-père, le capitaine Fernand Lafaye a trouvé la mort; alors que son épouse Marinette - dont une rue de Clermont porte le nom - était gravement blessée et arrêtée par la Gestapo, à Saint-Just. Transférée à Clermont-Ferrand, elle a été torturée au 2 bis, de l'avenue de Royat, avant de succomber.

A la Libération, le général, de Gaulle fait Max Menut chevalier de la Légion d'honneur et le cite à l'ordre de l'armée. Un an plus tard, Il reçoit la médaille de la Résistance avec rosette. Entré dans l'armée régulière, le capitaine Max Menut se battra sur d'autres fronts : il a participé aux campagnes d'Indochine et du Tonkin, avec le deuxième régiment de tirailleurs marocains.

Il a été cité trois fois à l'ordre de la division, du corps d'armée et de l'armée pour ces 27 mois passés en Indochine. Affecté au Maroc, puis en Algérie, il est à nouveau cité pour son courage en 1960.

Rentré en France en 1962, Max Menut est promu chef de bataillon et lieutenant-colonel. Il a terminé sa carrière en 1974 comme chef du secteur social des armées de Clerrnont-Ferrand. Il a également assumé les fonctions de président du CODURA (Comité d'union de la Résistance d'Auvergne) et il était président régional des médaillés de la Résistance.

Pour Edmond Leclanché, son successeur à la tête du CODURA était un homme au "sang bouillant", un "homme de décisions et qui a participé à des actions audacieuses".

Commandeur de l'Ordre national du Mérite en 1980, puis de la Légion d'honneur en 1993, président d'honneur de l'Amicale des MUR et maquis de Riom et sa région, ses obsèques ont eu lieu le lundi lundi 1er mars, à 15 h 30, en l'église de Combronde (Puy-de-Dôme).

À cette reproduction d'un article du journal La Montagne qui retrace fidèlement l'activité de Max Menut ("Bénévol"), nous ajoutons quelques précisions sur le Mont Mouchet.

Le Service de Santé commandé par Max Menut était formé notamment par Georges Canguilhem, Paul Reiss, Pierre Nugou, Roger Guignard, Marcel Chomard, Anne-Marie Menut, Laurette Meyer-Geismar-Schlessinger, Jean Simon, Daneel, Charles Bérénholc. Le docteur Louis Mallet, de Saint-Flour, et Henry Ingrand le rejoignaient souvent.

Max Menut assumait avec fougue et autorité son rôle de commandant. Il a prouvé dans les épreuves les plus dures et les plus cruelles son courage et donné l'exemple d'un chef, apte à se dominer et à gérer les situations difficiles.

Son départ douloureux, dans la nuit du 26 au 27 février, est le signe du temps qui passe et qui nous entraîne tous.

Du Service de Santé du Mont Mouchet, nous ne sommes plus que trois signataires, qui disons aux siens notre peine profonde et notre émotion.

Charles Berenholc - Laurette Schlessinger - Jean Simon


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